Le Fou du jardin

La Maison Rhénanie-Palatinat organise le 28 mai une rencontre liée au passage à la Chartreuse de Dijon en avril 1903 du grand poète européen, Rainer Maria Rilke.

 

Rilke par Paula Modersohn-Becker, 1906

Né en 1875 à Prague, le jeune Rainer Maria Rilke quitte son pays pour l’Allemagne. Il veut devenir Poète. À Munich il noue une intense relation avec la célèbre psychanalyste, Lou Andreas-Salomé. Tout au long de sa vie, c’est ses rencontres amoureuses et amicales qui le pousseront à voyager. Rilke découvre Paris en 1902, cette ville le fascine. Il y vit presque 12 ans. Son ami, le sculpteur Rodin, lui conseille d’aller à Dijon voir l’œuvre de Claus Sluter. Le puits de Moïse, à la Chartreuse. « La particularité de la Chartreuse est d’avoir créé dès 1843, dès le départ, ce jardin avec ce patrimoine ouvert au public. Normalement les hôpitaux psychiatriques ne sont pas accessibles au public.» s’enthousiasme Ursula Hurson, responsable pédagogique la Maison Rhénanie-Palatinat. À cette période Rilke est en train d’écrire la deuxième partie du recueil Poèmes nouveaux. À la Chartreuse ce n’est pas sur le puits de Moïse quil écrit, mais sur les fous : « Ils l’ont complètement frappés par leurs façons d’être. Il les décrit avec une empathie incroyable ! ». C’est cette approche de la folie, inédite à cette époque, qui a plu à Ursula Hurson : « Dire aux gens qui sont à l’extérieur des murs, n’ayez pas peur de ces malades, c’est eux qui ont peur de vous. La grande vulnérabilité de ces genslà, Rilke l’avait parfaitement comprise ».

 « Je suis une grande amatrice de Rilke, nous avoue Ursula Hurson. Depuis des décennies je le lis et le relis. Jai réalisé il y a peu de temps que son poème Les Fous dans le Jardin avait été écrit à Dijon ». Elle réalise alors un travail autour de l’hôpital de la Chartreuse et de ce poème qu’elle décide de traduire : « Je voulais une traduction assez brute. Ce qui est délicat avec Rilke c’est qu’il ne faut pas essayer de rendre sa poésie belle sinon ce n’est plus lui». Le travail avec l’hôpital de la Chartreuse c’est fait par le biais d’Alain Vasseur, art-thérapeute et directeur artistique d’Itinéraire Singulier. Il a entamé un travail d’écriture autour du poème de Rilke avec des patients.

 

 

Le Chartreuse au XIXème

Un hommage à Rilke aura lieu le dimanche 28 mai à la Chartreuse à partir de 18h30. On pourra entendre plusieurs lectures du poème de Rilke en français et en allemand. on découvrira les travaux réalisés par les patients lors de l’atelier d’écriture et Didier Hurson, professeur à la faculté des langues de Lyon 3, donnera une conférence sur le poème.

Le sculpteur Ulrich Schreiber exposera des chaises en fer rouillé, réalisé dans le style de l’époque de Rilke. La chaise ? Un symbole pour Ursula Hurson : « La chaise est très importante dans un lieu comme un hôpital : c’est l’attente, c’est aussi une certaine absence si la chaise est vide »

 

Cette redécouverte du passage de Rilke à Dijon a donné envie à l’institution de la Chartreuse et à la Maison Rhénanie-Palatinat d’entamer un travail plus large sur le lien entre ce lieu et la poésie. Marquer l’hôpital des poètes qui y sont passé avec un Chemin des Poètes. Cette journée n’est finalement que le début d’une longue promenade.

 

  • mardi 28 mai, 18h30 – CHS La Chartreuse

 

 

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