Sarah Ganss, 18 mois de bonheur

Durant 18 mois, Sarah Ganss, jeune étudiante allemande, a pu découvrir et vivre au rythme de notre belle région BFC, grâce au programme d’échange Erasmus + qui fait le bonheur de centaines de milliers d’étudiants et de jeunes européens, depuis plus de 30 ans.  Retour avec elle, sur cette expérience hors du commun et riche en enseignements.

 

Comment tu as entendu parler de ce double cursus Dijon Mayence en Allemagne ? 

Lorsque j’ai fais des recherches en ligne à propos des études de littérature générale et comparée, appelée Lettres Modernes en France, j’ai trouvé le double cursus Dijon-Mayence.

Qu’est ce qui t’as plu au début dans cette opportunité ?

Beaucoup de choses différentes m’ont attiré mais l’élément qui m’a convaincu c’était le fait de rester 3 semestres à l’étranger. En temps normal, avec Erasmus+, la durée maximale de séjour est limitée à deux semestres, ce qui me paraît très peu, notamment sur le plan de l’adaptation. Pour moi, il faut au moins une année pour s’adapter.

Pour quelles études exactement as-tu bénéficié de cet échange inter-université?

En Allemagne, je fais littérature générale et comparée en enseignement majeur et français/Lettres modernes en enseignement mineur. En France, j’ai fait lettres modernes.

Comment se sont passé tes débuts en France, ton adaptation s’est faite facilement ? 

Je n’étais pas toute seule. On était un groupe d’environ 30 étudiant(e)s allemand(e)s à Dijon et il y avait aussi des étudiant(e)s français(e)s qui faisaient le double cursus, donc l’adaptation à l’université de bourgogne s’est faite très facilement et simplement. Il y a même, ici à Dijon, un bureau en lien constant avec l’université de Mayence qui nous aide pour toutes les questions administratives qui peuvent s’avérer très rapidement complexes dans un autre pays. Pour ce qui est de la vie de tous les jours, s’adapter à la vie française a duré plus de temps pour moi, mais il n’y a pas eu beaucoup de problèmes concernant le déménagement et mon installation à Dijon.

Est ce que tu as des amis qui ont bénéficié ou qui bénéficient du double-cursus ?

Au début, je ne connaissais pas mes camarades à l’université, mais on est devenu assez vite des bons amis. Je pense que c’est indispensable pour se sentir bien là où on est, ne pas rester seul dans son coin c’est la pire chose à faire. Sinon, je n’ai pas d’amis Allemands qui ont fait le double cursus.

Qu’est ce qui est le plus dur lorsqu’on étudie dans un autre pays et dans une autre langue ? 

Honnêtement, c’est connaître les règles « non-écrites », par exemple attendre un serveur pour être assis dans les restaurants, c’est pas évident au début car on a peur de faire un faux-pas. Sinon, à propos de la langue en elle-même, le plus compliqué c’était, au début, de suivre les profs dans les cours magistraux car ils/elles parlent vraiment très vite. La manière d’enseigner se passe également différemment.

Tu as suivis des cursus quasiment identiques en Allemagne et en France. Tu dis que les manières d’enseigner ne sont pas les mêmes, explique nous un peu pourquoi ? Quels aspects étaient différents en France et quel processus d’enseignement as tu préféré entre les deux pays ?

En Allemagne, et surtout en Lettres Modernes à Mayence, il y a beaucoup de discussions en cours, et ces discussions sont aussi demandées et encouragées par les professeurs. Par exemple, il faut préparer un texte pour un TD, et pendant ce TD c’est aux étudiants d’en discuter, d’en tirer le sens, de l’expliquer à eux-mêmes. Le professeur est présent pour aider et guider, mais pas forcément pour commenter ce texte. Je dirais que la manière « allemande » est plus interactive : les étudiant(e)s doivent participer d’une façon active. Au contraire en France, j’ai beaucoup suivi des cours pendant lesquels le professeur nous présentait et commentait un texte, un peu comme à l’école. Je préfère la méthode allemande car je fais des études littéraires et je pense qu’il est absolument nécessaire d’avoir une discussion interactive, d’écouter et de saisir les opinions des autres

Quelle a été la plus-value de cette expérience à l’étranger vis-a-vis de ton projet d’études ?

Je dirais être capable de parler et de comprendre le français à un niveau universitaire. Je parlais déjà bien français avant, mais maintenant je me sens vraiment capable de travailler en France. Je suis sûre de moi et de mon niveau de français et je pense que je pourrais y vivre.

Qu’est ce que tu aurais à dire aux étudiants allemands et français qui hésitent à profiter de cet échange car ils appréhendent l’idée d’étudier à l’étranger ?

Tout simplement, leur dire que faire des études à l’étranger et en étranger sera toujours une formidable opportunité de voir le monde, le découvrir sous d’autres aspects et également mieux se connaître soi-même. Erasmus ce n’est pas seulement le bon plan pour se faire des amis et découvrir un autre pays, c’est aussi le moyen de mieux connaître ses forces et ses faiblesses. Je recommande donc à tous ceux qui s’intéressent de prêt ou de loin à d’autres cultures, d’autres pays et qui sont ouvert pour faire des rencontres, de passer du temps à l’étranger et dans ce contexte le programme Erasmus est une véritable chance.

Pour terminer, raconte-nous ton meilleur souvenir en France au cours des 18 mois que tu as passé ici à Dijon.

Mon meilleur souvenir était un tournoi de rugby. Je faisais partie du club de rugby de Saulieu (le Racing Club Saulieu) et on a fait des tournois partout en Bourgogne-Franche-Comté. L’atmosphère et l’ambiance était super bonne. Les filles avec lesquelles je jouaient étaient très ouvertes, amicales et accueillantes envers moi et malgré quelques problèmes de communication (de par la barrière de la langue) on a passé des belles journées ensemble en jouant au rugby. Le sport est un langage universel après tout.

 

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