L’échange en Europe par les sports

L’Association Européenne des Sports de Bourgogne Franche-Comté s’est inscrit dans un large réseau de jumelage avec la RhénaniePalatinat. En 2012, l’association bourguignonne et le LandesSportBund Rheinland-Pfalz ont fêté leur 50 ans d’amitié et de coopération sportives. Rencontre le président de l’Office municipal des Sports (OMS) de Dijon Robert Lacroix. Entretien exclusif avec une figure emblématique de l’ OMS pour retracer l’histoire et les enjeux de ces échanges sportifs vieux d’un demi-siècle. 

 

 

Robert Lacroix, aussi appelé « Léo Lacroix » par les intimes est originaire du Jura. Il débarque à Dijon en 1968 après être sorti diplômé de L’École normale d’éducation physique et depuis son histoire d’amour avec la cité des Ducs ne s’est jamais essoufflée

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Quelle est la genèse de votre association, comment s’est noué ce partenariat Outre-Rhin ?

C’est relativement simple : le début des partenariats entre les deux régions, date de 1956 entre Mâcon et Neustadt, ensuite en 1957/58 ce sont les jumelages entre la Ville de Dijon et de Mayence. Puis en 1962 a été créée l’Amicale Bourguignonne des Sports, car les régions Bourgogne et Rhénanie-palatinat se sont retrouvées pour créer un certains nombre de sections, dont la section sportive qui est arrivée à Dijon dès 1962. 

En 1979, Louise Weiss alors député au parlement européen disait devant l’hémicycle « Les villes jumelées ont crées un réseau d’Hommes et de Femmes allergiques aux conflits du passé. » L’Association bourguignonne des sports, nom de l’époque, avait aussi l’ambition de s’inscrire dans un objectif d’apaisement des tensions et de paix ?

Oui, tout à fait évidemment, mais c’est d’ailleurs assez remarquable qu’au parlement européen en 1979, Louise Weiss alors présidente de l’assemblée décide de parler du sport. Habituellement le sport à l’époque, c’est la cinquième roue du carrosse. Bien souvent, on oublie son rôle… Elle rendait tout simplement justice au fait que le sport avait largement contribué à la réunion des deux peuples. Ça a aussi été le cas, par exemple, avec la création de l’Office Franco-Allemand pour la jeunesse en 1963, suite au traité de l’Élysée. Cet office concrétisait le fait qu’on tirait un trait sur les années de guerre et qu’on s’orientait, dès lors, vers une jeunesse ouverte à l’Europe.

Quels sont les sports proposés dans le cadre de ces jumelages sportifs depuis plus de 50 ans ?

Tous les sports, il n’y a vraiment aucune exclusive sur ce plan, y compris avec l’association du handisport et du sport adapté. Par exemple, en septembre 2018, le sport adapté et le handisport bourguignons se retrouveront avec un partenaire allemand et un partenaire polonais dans le Jura pour une rencontre qui existe depuis quelques années.

 

 

 

 

Les régions participantes aux jumelages, aujourd’hui, ne se limitent pas à la Rhénanie-Palatinat et à l’Allemagne. 

Déjà, peut-être, faut-il rappeler qu’au départ nous n’étions pas exclusivement centrés sur la Rhénanie-Palatinat même si les échanges étaient des franco-allemands. Ensuite avec la chute du mur de Berlin en 1989 et la réunification de l’Allemagne, L’Office franco-allemand nous a invités à intégrer les nouveaux länder (régions d’Allemagne), et puis tout naturellement d’autres pays, d’Europe centrale notamment, ont été associés. avec la région de Komárom-Esztergom en Hongrie. Dès les années 1990, des stages et des rencontres tri-nationales ont été mises en place entre allemands, français et hongrois. Si tout se passe bien nous allons d’ailleurs intégrer un autre pays, la Tunisie qui est en relation depuis plus de 30 ans avec nos amis allemands.

J’ai pu lire que l’association participait à la construction de « l’Europe sportive », mais j’avoue que ce concept d’Europe sportive ne me parle pas beaucoup. Qu’est ce que c’est pour vous ? 

On s’intéresse moins à « l’Europe sportive » qu’à l’Europe des jeunes et c’est un peu notre slogan d’ailleurs : l’Europe des jeunes se construit aussi par le sport. L’Europe sportive, c’est très vaste, pour nous c’est la pratique du sport dans un cadre éducatif.

Ce qui nous intéresse, c’est un contenu de rencontres, avec des échanges inter-culturels, avec connaissances et initiation à la langue du partenaire.

 

 

Concrètement comment se déroulent les échanges ?

Chaque année, un calendrier est établi conjointement avec nos amis allemands. L’année est plus ou moins balisée par un certains nombres de rencontres institutionnalisées. Au mois de janvier, cela correspond aux journées franco-allemandes dédiés à la mémoire du traité de l’Élysée : systématiquement une délégation de bourgogne-franche-comté se rend a Mayence avec un groupe de sportifs d’une discipline différente chaque année. Inversement au mois de juin, pour les journées à Mayence. Il y a aussi, directement entre les clubs, des rencontres qu’on ne dirige pas.

En quoi le traité de Lisbonne de 2007 a marqué un tournant dans la place donnée au sport et à son rôle éducatif et social ?

On peut remarquer que ce traité a fait rentrer de plein pied le sport dans les financements européens, ce qui n’était pas du tout le cas avant. Avant nous étions obligés de passer soit par le biais de l’éducation soit par d’autres axes d’entrées dans les financements mais il n’y avait rien de spécifique pour le sport. Nous avons rencontré des responsables de la Commission et nous avons pu faire évoluer les choses quant aux montants des aides financières qui précédemment étaient réservées aux grandes fédérations voir aux fédérations nationales directement.

L’avenir pour L’Association européenne des sports de BFC ? 

velopper les relations internationales entre les différentes régions des pays d’Europe. À l’occasion de la semaine de l’Europe, nous allons accueillir des jeunes de moins de 13 ans de clubs de football de quartiers populaires de Mayence, de Guimarães au Portugal et de Dijon. La suite, c’est continuer ce que l’on fait et s’ouvrir à d’autres régions. On montre qu’on est ouvert à toute l’Europe ; je crois que c’est comme ça qu’elle se construira, en permettant aux jeunes, le plus tôt possible d’aller à la rencontre d’autres jeunes, de voir leurs conditions de vie, d’études et de scolarisation.

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